Shimano Epic Enduro 2016

Il y a maintenant quelques jours, l'Epic 3ème du nom a eu lieu. Ce défi enduro hors catégories aura été relevé haut la main par une équipe bikingspots.ch, et cet article vous permettra de revivre cet évènement de l'intérieur !


Shimano Epic Enduro 2016

La Shimano Epic Enduro a fait parler d’elle dès ses débuts il y a trois ans. Alain et Guillaume s’y étant déjà rendus, et au vu de ce qu’ils nous avaient raconté, une équipe de Bikingspots.ch se devait d’aller poser ses crampons par là-bas pour la troisième édition afin de tenter de vaincre cette épreuve qui a facilement acquis sa place de course d’enduro la plus dure au monde. La Shimano Epic Enduro, c’est quoi? La Shimano Epic Enduro, l’Epic comme les plus aguerris la nomment, est une course d’enduro qui se déroule en une journée dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc, plus précisément au départ d’Olargues. En quelques chiffres, le défi à relever est d’arriver au bout des 110 kilomètres et 4'500 mètres de dénivelé positif (et autant de négatif) de cette course. Sa particularité est que, comme son nom l’indique, c’est une épreuve d’enduro, et donc le chronomètre ne tourne que dans les 9 descentes de la journée. La course est répartie en 3 boucles. Chaque boucle comportant 1'500 mètres de D+ et D- et 3 spéciales. Un compétiteur qui arrête sa course après une boucle recevra un Epic de Bronze, celui qui termine à la deuxième boucle un Epic d’Argent et enfin les finishers des trois boucles recevront un Epic d’Or.


L’Epic, comment qu’on y va?

Samedi matin, on est 7 à charger le Camion (comme disent nos amis français) que le Cyclophile Morgien nous a gracieusement mis à disposition. 7 heure du matin, on quitte notre Suisse encore toute endormie en direction d’Olargues. Olargues est un des plus beaux villages de France au sein du parc naturel regional du Haut-Languedoc, au nord de Béziers. Un petit-déj tresse maison sur une aire d’autoroute, un flash alors qu’on disait bonjour au radar et quelques virolets plus tard en mode rallye avec Filou aux commandes, on arrive à Prémian pour déposer nos affaires au gîte à l’heure du diner. L’Eco-Gîte des Camparols que nous avons loué pour le week-end est situé à 13 km d’Olargues. L’accueil réservé par Pierre-Franck et Maïlys est très chaleureux dans leur maison en paille qu’ils viennent de terminer et où l’on se sent bien.
Après un rapide pic-nic, on part à Olargues récupérer nos plaques de cadre, faire marquer nos vélos et nos dorsales et encore se faire tailler la moustache par un barbier pour ceux qui ont la possibilité d’en avoir une!


Le jour de la course, comment qu’on fait?

Le depart étant à 4h45 pour la première vague, et à 5h15 pour la deuxième, c’est avec un réveil aux aurores, à 3h du matin, que nous commençons cette journée. Le petit-déjeuner est difficile à cette heure-ci mais bon, on part pour une telle aventure que c’est toujours plus facile que de se lever pour aller au boulot.


Boucle 1

Avec un départ si tôt dans la journée, c’est de nuit que nous commençons la première ascension. Certains de l’équipe partent assez vite, alors que nous nous retrouvons Guillaume et moi plus à l’arrière pour atteindre le sommet. 1h de montée plus tard, nous attaquons la première spéciale de nuit, La Mézeille comme ils l’appellent. C’est là qu’on se rend compte que ça va vite, ça tabasse, mais c’est genial. Arrivé en bas avec le monstre smile, on rejoint Marc-Ol, Flo et Alain pour attaquer la montée suivante. Celle-ci est un peu plus courte et se grimpe au rythme du lever du soleil pour se terminer par un portage sur la spéciale 7 que nous attaquerons l’après-midi. C’est donc de jour que nous nous élançons sur la spéciale 2, la spéciale des Ecoliers. Au milieu, je retrouve Guillaume à l’arrêt pour cause de crampes aux deux jambes. Il me dit de continuer et on espère se retrouver plus tard. La fin de la spéciale est impressionnante, pleine de grosse caillasse...je passerai à pied à certains endroits afin de ne pas me viander dès le début de l’épreuve. Passé la ligne, j’attends Guillaume quelques minutes. Celui-ci n’arrivant pas, je décide de continuer seul cette première boucle et m'attaque à la montée de la spéciale 3. Celle-ci se déroule sur une piste, les autres coureurs commencent à discuter, le soleil est levé, la suite de la journée s’annonce parfaite. C’est toujours aussi seul que j’attaque la 3ème descente, prénommée 'la Mienne', et qui me raménera pratiquement jusqu’à Olargues. La descente est rapide à souhait avec une bonne relance sur piste 4x4 au milieu. Que du Bonheur! =)
Fin de la boucle 1 par une piste qui me ramène au paddock. Je passe au bus, presque tout le monde est là. Il est 8h45, ça fait 4 heures que je roule et la faim commence à se faire sentir. Je quitte assez vite l’équipe qui pose les habits et les lampes en trop au bus, je laisse Marc-Ol qui répare sa première crevaison de la journée, et je vais manger 2-3 pâtes de fruits au ravito!


Boucle 2

En repartant à 9h du ravito, on a 1h15 d’avance sur la première porte horaire, ce qui est assez confortable. J’attaque la montée en compagnie de Flo et Yannick. Ces deux-là ne rigolent pas, ils attaquent et je peine à suivre le rythme, du coup après 10 minutes de causette en tentant de les suivre, je lève le rythme et monte pépère, d’autant plus que là c’est LA montée de la journée pour atteindre la spéciale du Bardou qui part depuis Saint-Martin du Fou à plus de 1’000 mètres d’altitude. Résultat, je rencontre un belge qui fera un bout de montée avec moi et qui m’expliquera tous les avantages du 27.5+, deux français d’Avignon qui me disent, peu après avoir attaqué une montée à la poussée sur piste, qu’on n’a pas fini de souffrir, d’autres mecs qui me dépassent en pédalant alors que je pousse comme je peux…bref la montée est longue, mais l’ambiance est bonne, et la vue sur la vallée toujours aussi cool. Arrivé sur le plateau, il reste 20 bonnes minutes de pédalage pour rejoindre Saint-Martin du Fou. Quand j’y arrive, je retrouve Flo et Yannick, nos joyeux lurons du Vélo Club Echallens, prêts au départ.


Je bouffe un morceau de sandwich et j'en profite pour enlever un peu d’air dans ma fourche car je sais que là ça va tabasser. Au départ de cette spéciale, les organisateurs nous collent un autocollant de moustache si on en a une...ma moustache d’imberbe étant peu voyante, j’y ai quand même droit par pitié quand j’explique que ça fait une semaine que je la laisse pousser. Ce genre de petit autoc et de blagues est totalement en ligne avec l’événement, et c’est bien pour ça qu’on est là: pour le défi, mais avant tout pour la déconnade et les descentes de folie. Du coup, départ de la spéciale 4 à bloc, superbes virages dans la forêt avant d’attaquer la partie sérieuse, c’est-à-dire un chemin de muletiers qui vous déglingue la machoire. Les épingles du début sont sympa, mais ça fatigue vite, et on se souvient à ce moment de la vidéo de Greg Noce...ça va durer comme ça une trentaine de minutes. Les relances au milieu sont les bienvenues, comme ça je peux reposer mes mains! La fin est une suite de grosses marches où les chutes se succèdent. Bref, je suis bien heureux d’arriver en bas, et même si la vue est superbe, je ne dirais pas que c’est ma spéciale préférée.


Je passe la porte horaire de la fin de cette spéciale avec 1 heure d’avance, ouf...la marge est là et plus de la moitié du dénivelé positif de la journée est fait alors qu’il n’est pas encore midi. Go départ pour la spéciale 5 à bloc. On se retrouve au début de la montée avec Marc-Ol, Alain, Yannick et Flo. Le groupe s’éfiloche et finalement, je ferai la plupart de la montée avec Yannick. Rodolphe Pasciutto, un enduriste qui voyage autour du monde en autonomie avec son bike d’enduro, nous rejoint. Un mec super sympa avec une bonne joie de vivre et qui aime partager sa passion. Arrivé en haut environ 1h après, on se lance sur la Colombières. Cette spéciale est superbe mais sera celle de toutes les hésitations pour moi. Je n’arrive pas à me mettre dedans, je ne suis plus très lucide, la fatigue se fait ressentir, les relances du milieu sont tuantes...je termine mais commence à douter. Arrivé en bas, j’attends Yannick et rentre en direction d’Olargues sur la piste verte, ancienne voie ferrée ouverte maintenant aux vélos. A mi-chemin on se ravitaille en eau et Marc-Ol nous rattrape. Il en est à sa 3ème crevaison et en a marre...je lui dis de crocher, qu’on doit continuer et on se motive. Arrivés à Olargues, on va vite faire la 6ème spéciale, l’Urbaine, qui dure à peine plus d’une minute...descente bienvenue pour se remettre un peu. Le passage est un peu plus limite, on a à peine plus de 20 minutes de marge, il est passé 14h.

Boucle 3

On bouffe un bout et je repars seul pour prendre de l’avance dans la montée de la spéciale 7. Je ferai un bout avec un anglais rigolard qui est de plus photographe officiel de la Trans’Provence, je retrouve ensuite les deux avignonnais et arrive au départ de la spéciale “Les Crêtes XXL”. On est à 750 mètres et la descente va être engagée. La c’est parti pour une descente sèche, pleine de belle caillasse. C’est couillu, ça passe sûrement tout à vélo mais c’est la fin de journée, du coup je pose parfois le pied. Au milieu de la spéciale, petite remontée sur piste avant d’attaquer une traverse de rêve sur un single poussiéreux à souhait avec des petites doubles naturelles pour terminer par quelques lacets avant d’atteindre l’arrivée de cette portion chronométrée.
On se retrouve avec Marc-Ol et Alain pour rejoindre la dernière porte horaire. On passe celle-ci à 16h15 avec plus de 30 minutes d’avance, juste trop heureux, maintenant on peut souffler. On s’assied dans l’herbe, mange un bout et on se dit qu’il nous reste quelques heures, mais qu’au moins on peut aller à notre rythme.
On attaque la montée de la spéciale 8 qui se fera tout à pied au vu de la pente, on refait une bonne pause avant le dernier plat, puis, en arrivant au départ de la spéciale, on attaque directement. Celle-ci est nommée Mini Jurassic, assez courte, bien cool, lisse, serpentant entre les arbres, c’est tellement serré que les épaules ou le sac frottent parfois...mais c’est bien funky et une descente un peu moins exigeante fait du bien pour le physique!
Arrivé là, il nous reste une montée avant d’attaquer la dernière SP de la journée: la redoutée Pylônes. On en a entendu parler tout au long de la course par les autres participants qui nous disaient ô combien elle est engagée, avec des grosses marches, du gaz. Mais avant ça, il faudra arriver en haut. La montée commence par un joli petit single tranquille avant de rejoindre une piste qui se finira à la poussée, puis, pour achever le peu d’énergie qu’il nous reste, une montée de quelques centaines de mètres sur un chemin 4x4 humide, glissant, extrêment raide. Quand on l’a vaincu, on sait que le pire est derrière nous, il faudra juste assurer la dernière descente. On attaque celle-ci à 4 avec Serge, Alain, Marc-Ol et moi. On donne tout dès le départ et je me mets ma première boite de la journée après 200 mètres sur une traverse bien joueuse...rien de grave, je continue tranquille dans cette caillasse. Les traverses sont exigeantes avec des grosses marches à monter et descendre, des épingles, de la caillasse. Je m’arrêterai même en milieu de descente pour aider un autre rider qui a crevé en lui filant mes démontes pneus...c’est aussi ça l’esprit Epic, on est tous là pour terminer au mieux! Arrivé en bas, je retrouve Marc-Ol et Alain. Monstre sourire, on a fini!! Marc-Ol répare son bike, il a pour la troisième fois de la journée fait une spéciale pratiquement entièrement sur la jante...Filou termine également quelques minutes après, et c’est plus que ravis qu’on rentre tranquillement par la route et la piste verte jusqu’à Olargues.
Arrivé à 19h15 à Olargues, ça fait 14h30 qu’on roule (14h pour Filou qui était parti en vague 2) et c’est là qu’on retrouve Flo qui a fini 30 minutes avant nous, Yannick qui avait arrêté après la deuxième boucle et idem pour Guillaume qui n’a malheureusement pas passé la porte horaire de la deuxième boucle à cause de ses problèmes mécaniques et de ses crampes… La bière offerte par Shimano fait du bien, là on peut se dire qu’on a vaincu l’une des épreuves d’enduro les plus difficiles au monde!


L’orga et l’ambiance, comment que c’est?

On doit le dire, Vélo Carroux Haut-Languedoc et Wildtrack ont organisé cet événement à la perfection. Les bénévoles étaient toujours au top, présents pour encourager les riders, les ravitos avaient assez de nourriture, il y avait des points d’eau sur le parcours, le balisage était bon, les spéciales rêvantes et un bon souper le soir pour l’après course....enfin, pour ceux qui arrivaient à manger, ce qui ne fut pas mon cas.
Devant sacrifier une partie de la saison de ski pour s’entraîner pour cette course, on ne sait pas encore si on reviendra l’année prochaine, mais on risque bien de craquer une fois et de retourner à Olargues poser nos crampons une de ces prochaines années. On va aussi sûrement revenir faire un week-end de quelques jours pour redécouvrir ces trails avec l’aide des shuttle et du guiding de Vélo Carroux Haut-Languedoc.
L’équipe Bikingspots remercie l’organisation et recommande à toute personne qui veut relever un défi d’y aller, les descentes vous feront très rapidement oublier les 4500 mètres de D+.

Les liens pour tout savoir



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